
Emma Amelin est fondatrice de 5 Oceans Entertainment et de 5 Oceans Studio. Depuis plus de vingt-cinq ans, elle conçoit des stratégies de communication et de marketing, imagine des concepts et crée des événements. Son expertise repose sur sa capacité à rassembler des talents, créer des partenariats et donner naissance à des projets ambitieux. Aujourd’hui, elle met cette expérience au service du développement du divertissement asiatique en Europe. En collaboration avec Envol Production, elle organise THE A FESTIVAL à Paris en octobre.
Ce projet se distingue par une forte connexion avec l’Asie du Sud-Est. À quel point des hubs culturels majeurs comme Bangkok ont-ils influencé la direction artistique et la conception de ce programme ?
Bangkok est naturellement un formidable point d’observation des transformations qui traversent aujourd’hui le divertissement asiatique.
Ce qui nous inspire, c’est la manière dont les talents, les idées et les influences circulent aujourd’hui d’un pays à l’autre. Les collaborations entre artistes, producteurs, créateurs et studios se multiplient, de nouveaux formats émergent en permanence, et les frontières entre les différents marchés s’effacent progressivement.
On le voit notamment dans la musique, où les sonorités d’Amérique latine, de la Caraïbe, d’Afrique ou encore d’Europe trouvent aujourd’hui un écho dans de nombreuses productions asiatiques.
Cette ouverture enrichit les œuvres sans effacer ce qui fait la personnalité de chaque scène artistique. C’est cette vision que nous avons voulu retranscrire dans THE A FESTIVAL.
Nous ne construisons pas un programme autour d’un pays ou d’une tendance, mais autour de la richesse des talents, des cultures et des rencontres qui façonnent aujourd’hui le divertissement asiatique. Nous ne cherchons pas à montrer l’Asie telle qu’on l’imagine. Nous voulons montrer l’Asie telle qu’elle se construit aujourd’hui.
L’annonce de votre implication en tant que coproducteurs dans l’univers du BL marque un tournant stratégique majeur. Qu’est-ce qui a motivé ce passage de la diffusion d’événements à la création et à la fabrication active de contenus ?
Je ne parlerais pas d’un tournant, mais plutôt d’une évolution naturelle.
Depuis toujours, notre objectif est de créer des passerelles entre les industries du divertissement asiatique et les publics européens. Organiser des événements en fait partie, mais ce n’est qu’une façon de raconter des histoires et de faire découvrir des artistes.
La production de contenus est une prolongation naturelle de cette vision. Qu’il s’agisse de développer des séries, de créer des bandes originales (OST), ou de produire des titres pour des artistes, notre objectif reste le même : accompagner les projets dès leur création, contribuer à l’émergence de nouveaux talents et construire des collaborations internationales ambitieuses.
Cette activité renforce également notre rôle de partenaire auprès des agences et des producteurs. Notre métier n’est pas de créer à leur place, mais d’apporter un regard complémentaire sur la manière de faire vivre une œuvre, de créer l’attente avant sa sortie, de prolonger son histoire après sa diffusion et de lui permettre de rencontrer de nouveaux publics.
C’est cette approche qui nous permet d’imaginer ensemble des formats innovants et des expériences qui donnent une nouvelle dimension à leurs projets. Pour nous, il ne s’agit pas de choisir entre produire des événements ou produire des contenus. Les deux sont complémentaires. Un événement fait vivre une œuvre auprès du public, tandis qu’une œuvre peut donner naissance à de nouvelles rencontres, à de nouveaux projets et à de nouveaux échanges. C’est cette continuité qui nous intéresse.
Elisa Cutullè
